Cet automne, l'AOSW s'est penchée sur l'histoire des pensionnats indiens au Canada, la séparation forcée des enfants de leurs familles et les dommages générationnels causés par ce génocide culturel dans les communautés autochtones de l'île de la Tortue.
Pour Natasha Sakchekapo-Lalande, membre du conseil d'administration de l'OASW, le dixième anniversaire de la publication des appels à la mobilisation de la Commission de vérité et réconciliation du Canada est l'occasion de réfléchir au rôle des travailleurs sociaux dans le soutien et la construction d'un avenir meilleur pour les jeunes générations autochtones de l'Ontario.
Booshoo, Wachiye. Akogishiikwe nindizhinikaaz, Ojijakos ni dodum.
Mon nom en anglais est Natasha, et mon nom spirituel se traduit par « femme céleste forte ». J’appartiens à la Première Nation du lac North Caribou et je fais partie des briseuses de cycle de première génération. La vérité et la réconciliation nous permettent d’établir des liens, de tracer de nouvelles voies dans nos esprits et d’opérer des changements positifs dans notre façon d’avancer.
La vérité consiste à nommer ce qui a été fait.
La réconciliation consiste à choisir ce que nous faisons maintenant. Il s'agit d'écouter, de guérir et d'honorer les enfants et les générations à venir.
Avant tout, je suis une mère. Le fait d'être mère me permet de garder les pieds sur terre et donne un sens à tout ce que je fais. Mon fils autiste a été mon maître par excellence, m'enseignant des leçons qui ont largement dépassé ce que n'importe quel manuel ou formation clinique aurait pu m'offrir. Son diagnostic et le mien ont changé le cours de ma carrière qui, au départ, était axée uniquement sur les traumatismes, et je travaille maintenant comme spécialiste du double diagnostique.
Je suis titulaire d’une maîtrise en travail social avec spécialisation en traumatisme et résilience chez les Autochtones et d’un certificat d’accompagnatrice en autisme. Je suis fière d'être une travailleuse sociale inscrite autochtone et autiste qui œuvre auprès des communautés isolées du Nord. J'ai moi-même vécu des traumatismes et des dépendances, et j'ai trouvé le chemin de la guérison afin de permettre à d'autres de savoir qu'eux aussi, ils peuvent s'en sortir.
Par le biais de mon cabinet, Bihsidaamook Services, je soutiens les jeunes et les familles autochtones dans leur cheminement vers la guérison et la réintégration.
Mon travail prend sa source dans l'enseignement de mon grand-père sur le Zaagi (l'amour) : pour les enfants que je rencontre aujourd'hui et pour ceux des générations futures. Mon Shoomis (grand-père) m'a enseigné que les aliments et le rire sont des remèdes. L'humour, la nourriture et les émotions que nous partageons nous relient les uns aux autres pour que nul ne soit jamais seul.
La vérité et la réconciliation relèvent du courage : nommer les préjudices, engager des mesures concrètes et célébrer le courage des enfants, des familles et des communautés autochtones.
J'encourage les travailleuses et travailleurs sociaux de tous les horizons à faire preuve d'honnêteté, d'humilité et d'amour afin que les prochaines générations héritent d'un monde où elles pourront s'épanouir librement et se sentir fières de vivre.
Chi-Miigwetch. All my Relations, Natasha Sakchekapo
Renseignez-vous davantage sur la pratique de Natasha ici (en anglais)..