Skip to main content
Top of the Page

Des webinaires de l’ATTSO se penchent sur le rôle complexe de l’IA dans la pratique du travail social

Retour au Le Social

Qu’il s’agisse de suggestions de recettes, de courriels ou de diagnostics non officiels en matière de santé mentale, l’intelligence artificielle (IA) est déjà intégrée dans la vie quotidienne de bon nombre de clients auxquels les travailleuses et travailleurs sociaux viennent en aide.

Le rythme du changement peut être étourdissant : comment les travailleuses et travailleurs sociaux peuvent-ils réussir à s’adapter à cette technologie en constante évolution et à déterminer quelles sont les répercussions de l’utilisation de ChatGPT, de Replika, de Claude et d’innombrables autres applications sur leurs clients et leurs propres pratiques?

En 2026 et par la suite, l’ATTSO compte étudier les applications d’IA et leurs répercussions sur la profession du travail social. Au printemps, l’Association a tenu deux webinaires animés par des membres de la profession qui possèdent une vaste expérience de l’utilisation de l’intelligence artificielle et de la formation de clients et d’autres professionnels de la santé mentale à ce sujet.

Il importe de souligner que l’IA est un sujet extrêmement vaste et qu’il n’existe aucune façon simple ou unique d’en interpréter les répercussions sur le travail social ou sur les personnes et les communautés auxquelles les travailleuses et travailleurs sociaux viennent en aide.

L’intelligence artificielle, les agents conversationnels et la pratique du travail social de l’avenir : gérer les risques et les aspects éthiques en thérapie

Un webinaire animé par Lawrence Murphy en avril s’est penché sur les préoccupations éthiques des travailleuses et travailleurs sociaux lorsque les outils de l’IA ne sont pas compatibles avec les valeurs du travail social, et sur les façons dont l’IA façonne l’avenir de la thérapie. Lawrence Murphy est professeur au Département de psychologie de l’Université Wilfrid Laurier et fondateur de Worldwide Therapy Online, le premier cabinet clinique de thérapie virtuelle au monde, établi en 1994.

« Le problème de l’intelligence artificielle, de ces agents conversationnels, est qu’ils n’ont aucun sens moral et aucun principe éthique, et ils n’ont pas de pratique exemplaire fondamentale », a-t-il fait remarquer à l’auditoire.

Un thème majeur dont il a été question a été celui de la dépendance. Les grands modèles de langage (GML) sont conçus pour exploiter l’attachement, selon Lawrence Murphy.

Les personnes qui ont des problèmes d’attachement et celles qui font preuve de dépendance affective intense sont souvent des personnes qui ont recours aux services de counseling et qui sont à risque de devenir dépendantes des grands modèles de langage.

Il a fait référence à une étude (en anglais) suggérant qu’il puisse exister un processus de dépendance sous-jacent dans les façons dont les gens utilisent les agents conversationnels. Bien que seulement 12 % des répondants aient dit les utiliser pour évoquer une présence, 51 % ont parlé de relation amicale, de source de compagnie, ou encore de partenaire romantique pour décrire la relation, et 80 % ont indiqué que la recherche de soutien émotionnel ou social constituait le principal thème des conversations.

Dans son atelier du 10 juin, Lawrence Murphy a approfondi les thèmes dont il a été question dans celui d’avril, et il a également examiné comment la conception sous-jacente des systèmes d’IA peut influencer les personnes qui ont besoin de soins et embrouiller nos perceptions de la moralité et de l’éthique dans les soins. Vous pouvez joindre Lawrence Murphy en lui écrivant à [email protected].

De l'automatisation à la défense des intérêts : utiliser l'IA en tenant compte des valeurs du travail social

La Dre Badillo-Diaz partage son temps entre New York et Toronto et elle donne des cours sur l’intelligence artificielle dans la pratique du travail social à l’Université de New York, l’Université Columbia et l’Université du Tennessee. Selon elle, l’IA a un rôle pratique à jouer dans la façon dont les travailleuses et travailleurs sociaux établissent des ressources, mettent des programmes au point et accompagnent leurs clients.

Dans sa présentation en mars, à l’occasion de la Semaine du travail social et de la série de formations du Mois national du travail social, elle a expliqué aux travailleuses et travailleurs sociaux comment l’IA peut contribuer à alléger divers aspects de leur pratique et certains risques qui y sont associés.

Tout en insistant sur le fait que l’IA est en mesure de prendre des notes, de rassembler des ressources et de participer à l’élaboration de programmes, les praticiennes et praticiens doivent être conscients des risques qu’elle présente. La Dre Badillo-Diaz a rappelé certains faits :

  • l’IA n’est pas exempte de préjugés ou d’inexactitudes;
  • l’IA ne protège pas les données ni la confidentialité;
  • l’IA ne remplace pas l’expertise professionnelle.

« L’humain doit demeurer engagé dans le processus, n’est-ce pas, nous devons agir en protecteurs parce que nous ne voulons pas que des décisions importantes entraînent des répercussions sur les personnes les plus marginalisées et les plus vulnérables », a-t-elle fait remarquer.

Afin de guider les travailleuses et travailleurs sociaux dans l’utilisation de l’IA, la Dre Badillo-Diaz leur suggère la méthode « COSTAR », un acronyme des termes Contexte, Objectif, Style, Tâche, Acteur et Résultat.

Cette approche optimise la qualité des données générées par l’IA en lui fournissant un contexte pour la tâche, en lui donnant des instructions précises et en permettant d’affiner les résultats par des requêtes de suivi. La création de documents d’information pour les clients ou de contenu de programmes d’études sont des exemples d’utilisation de COSTAR.

« Nous voulons conserver notre jugement professionnel et ne pas nous fier uniquement aux décisions et aux extrants de l’IA », a-t-elle souligné.

La Dre Badillo-Diaz conçoit des outils et des formations pour les travailleuses et travailleurs sociaux. Visitez le site The AI Social Worker (en anglais) pour en savoir plus et accéder à des ressources créées spécialement pour les membres de la profession qui consultent l’IA.

Si vous désirez vous renseigner davantage auprès de praticiennes et praticiens chevronnés sur des problématiques et des thèmes en constante évolution dans le domaine du travail social, consultez les prochaines activités du Centre d’apprentissage de l’ATTSO :

Insights for social workers: Black History Month

Explore articles, podcasts, and events aimed at widening and deepening your knowledge and understanding of Black History, colonization and anti-racist practices.

Insights for social workers: Pride Month

Explore articles, podcasts, and events aimed at widening and deepening your knowledge and understanding of 2SLGBTQI+ history and mental health research.

Share your perspective on supporting victims of motor vehicle accidents

Take part in a survey seeking to understand clinical and administrative experience supporting Motor Vehicle Accident victims (MVAs).

From turmoil to transformation: The social worker's "why"

What is your why? Why are you a social worker? How can you remain inspired, courageous and committed in the face of suffering, global upheaval and burnout? Our 2026 Joan MacKenzie Davies lecture explored this important topic.

Centre d’apprentissage de l’ATTSO

Acquérez des connaissances, épanouissez-vous et perfectionnez vos compétences grâce à des formations en direct et asynchrones à l'intention des professionnelles et professionnels du travail social.

Lawrence Murphy

Lawrence Murphy est le cofondateur du premier cabinet de thérapie clinique virtuel au monde, Worldwide Therapy Online, établi en 1994. Il est l’auteur de nombreuses publications dans diverses revues universitaires, notamment un chapitre récent du Routledge Handbook of African Social Work Education (en anglais). Pendant la pandémie, Lawrence a offert 144 séances de formation d’une demi-journée à plus de 15 000 professionnelles et professionnels de la santé mentale aux quatre coins du Canada. En novembre 2025, il a été l'invité de la chaîne CTV à titre de spécialiste de l'IA dans la thérapie, et il présente des webinaires sur l'IA et la pratique clinique à des organismes et à des associations partout au pays. Lawrence Murphy a obtenu une maîtrise en psychologie de l’orientation à l’Université de Colombie-Britannique en 1995. Il enseigne au Département de psychologie de l’Université Wilfrid Lauriel et il est membre professionnel à part entière de l’Association canadienne de counseling et de psychothérapie. Lawrence rédige présentement un ouvrage de croissance personnelle fondé sur les principes de la thérapie narrative intitulé « Problems are people too » qui sera publié chez Wiley Publishing Inc. en mars 2027.

 

 

 

Dr. Marina Badillo-Diaz

La Dre Marina Badillo-Diaz est la fondatrice de MABD Consulting où elle forme des éducatrices et éducateurs et des travailleuses et travailleurs sociaux sur l’utilisation éthique de l’IA dans l’exercice de la profession. Elle est l’auteure du blogue The AI Social Worker et elle enseigne aux programmes de certificats d’études supérieures de travail social, de technologie et de santé mentale à l’Université de New York. Elle siège comme secrétaire au conseil de la NASW-NYS (association nationale des travailleuses et travailleurs sociaux, section de l’État de New York) et au conseil de la School Social Work Association of America (association américaine du travail social en milieu scolaire). Elle a formé plus de 5 000 membres de la profession au Canada et aux États-Unis et elle a donné des conférences à l’échelle nationale et internationale. Ses domaines de spécialité comprennent l’intelligence artificielle dans la pratique des soins de santé mentale, l’intégration éthique de l’IA dans le travail social, ainsi que l’application de l’IA générative dans le contexte du travail social aux niveaux micro, méso et macro. Ses recherches portent sur l’utilisation de l’IA par les travailleuses et travailleurs sociaux en milieu scolaire.

Back to Top