Après bientôt dix ans d'efforts de sensibilisation de la part de l'Association canadienne des travailleuses et travailleurs sociaux (ACTS), le gouvernement fédéral a ajouté les travailleuses et travailleurs sociaux à la liste des professionnels admissibles au Programme canadien d’exonération de remboursement de prêts d’études.
Une telle conformité avec les professions déjà admissibles indique que le gouvernement fédéral reconnaît le rôle essentiel des travailleuses et travailleurs sociaux dans l’accès équitable aux soins partout au Canada.
Qui est admissible?
L’admissibilité s’applique aux travailleuses et travailleurs sociaux inscrits ayant travaillé pendant au moins un an complet dans des collectivités rurales ou éloignées qui comptent une population de 30 000 habitants ou moins et qui ont offert des services en personne pendant 400 heures au minimum.
L’exonération de remboursement de prêt peut s’élever à 4 000 $ au maximum la première année, et augmenter de 1 000 $ par année, jusqu’à concurrence de 30 000 $ sur une période maximale de cinq ans.
Le programme s’applique uniquement à la partie fédérale du Programme canadien de prêts aux étudiants, et les personnes qui désirent s’en prévaloir doivent présenter leurs demandes au plus tard 90 jours suivant la fin d’une année de service admissible.
À l’heure actuelle, les demandes doivent être acheminées par la poste au Centre de service national de prêts aux étudiants, alors que les demandes en ligne devraient être mises à disposition en mars 2026.
Quelles seront les retombées d’une telle décision pour les travailleuses et travailleurs sociaux de l’Ontario?
Un grand nombre de travailleuses et travailleurs sociaux se retrouvent avec un endettement étudiant important lorsqu’ils obtiennent leur diplôme et entrent sur le marché du travail dans des secteurs sous-financés et sous-rémunérés. L’exonération de remboursement réduit la contrainte financière et il devient alors plus envisageable de s’engager dans une carrière en milieu rural et éloigné une fois cette pression allégée.
La nouvelle politique peut également renforcer le recrutement et la rétention dans les régions concernées, qui ont de la difficulté depuis longtemps à attirer des travailleuses et travailleurs sociaux à plein temps.
Dans l’ensemble, ce changement représente à la fois un soutien financier tangible pour les travailleuses et travailleurs sociaux et la reconnaissance concrète envers le travail essentiel qu’ils accomplissent dans les collectivités rurales et éloignées.