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Les travailleuses et travailleurs sociaux mettent la recherche en pratique

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Parcours d'une travailleuse sociale

Mardi 14 avril 2026 • 12 h à 13 h | En ligne

 

Joignez-vous à nous pendant le dîner pour écouter Martha Njoku, MSW, RSW, qui partagera ses expériences en tant que doctorante à l'École de travail social de l'Université Carleton, travailleuse sociale clinicienne en exercice et directrice étudiante au conseil d'administration de l'AOTSS. Cliquez ici pour réserver votre place!

 

Cette présentation sera rendue en anglais.


 

Parfois, des soins adaptés à la culture peuvent prendre la forme d’un repas chaud.

Lorsque Martha Njoku se rend au domicile d’une nouvelle maman qui vient peut-être d’arriver au Canada il y a quelques mois à peine, apporter de la nourriture est une façon de montrer qu’elle s’investit à créer des espaces sécuritaires et confortables pour les personnes qu’elle aide.

« Dans certaines cultures, la nourriture comble le fossé : elle indique que "ce n’est pas une étrangère. C’est Martha. Je peux lui faire confiance". »

Dans sa recherche doctorale, Martha établit le point que les soins de santé mentale au Canada peuvent négliger les besoins des personnes noires et racisées, et elle accorde un intérêt particulier à celles qui vivent avec des troubles psychotiques. Sa pratique privée s’inspire de cette recherche, tout comme elle y contribue.

Martha est devenue de plus en plus consciente du manque criant de soins en santé mentale adaptés à la culture pour les personnes des communautés noire et africaine alors qu’elle agissait comme bénévole à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas de Montréal.

« Tout était en quelque sorte organisé selon des méthodes eurocentristes, ou occidentales, et bien des gens ne comprenaient pas de quoi il s’agissait. Ils n’arrivaient pas à s’y retrouver. »

Ses études doctorales découlent de cette expérience.

« J’ai réalisé qu’il y avait un écart considérable entre la politique, la pratique et l’expérience vécue », fait-elle remarquer.

« J’ai senti qu’il était temps de considérer la santé mentale autrement que sous l’angle de l’eurocentrisme, de vraiment chercher à comprendre leur point de vue et ce qu’ils vivaient. »

Dans le cadre de sa recherche, Martha a interviewé des travailleuses et travailleurs sociaux, des prestataires de services et des personnes qui utilisent les services afin de mieux comprendre comment les nouveaux immigrants et réfugiés interagissent avec les systèmes de soins. Elle a également fait appel aux données du recensement du Canada dans le but d’identifier quels groupes minoritaires peuvent avoir du mal à accéder aux services de santé mentale au pays.

Il peut arriver, par exemple, que dans les évaluations psychologiques des réfugiés, des questions sur la santé mentale soient formulées en utilisant des expressions comme « broyer du noir », ce que les personnes qui ne parlent pas le français ou dont le contexte culturel est différent ne comprennent pas.

« J’ai l’impression qu’il y a une rupture de communication. Nous n’essayons pas seulement de nous intéresser à l’aspect pathologique du trouble mental lui-même. Nous essayons de nous intéresser à la personne qui vit avec ce trouble mental. »

Dans sa propre pratique privée, une telle démarche peut consister à reconnaître que le simple fait de changer l’endroit ou le rythme des séances, en marchant par exemple, peut créer un sentiment de sécurité chez les personnes qui cherchent à surmonter le deuil, un traumatisme ou le stress de manière physique.

Les visites à domicile peuvent aussi permettre de personnaliser et d’humaniser les soins, ce qui contribue à établir un sentiment de confiance.

Martha a élargi son apprentissage et son travail de défense en se joignant au conseil d’administration de l’ATTSO comme administratrice étudiante en 2025. Une des raisons clés qui l’a incitée à se joindre au conseil était son désir d’aider les étudiantes et étudiants en travail social à renforcer leurs capacités et leurs connaissances à mesure qu’ils développent leurs compétences.

« Je suis d’avis que les voix étudiantes et celles des jeunes chercheuses et chercheurs sont essentielles pour façonner l’organisation et son avenir. »

Investir dans les générations futures a toujours fait partie de la pratique de Martha. Le mentorat a façonné sa carrière et sa perception de la profession, et tout en poursuivant son propre apprentissage, elle désire mettre l’accent sur le mentorat, à la fois organisationnel et communautaire.

Martha est d’avis que des webinaires, comme une séance au sujet du TDAH, et des rabais sur l’assurance ont été de précieux avantages pour les membres.

Un conseil aux étudiantes et étudiants : répondez aux besoins

« J’exerce ma profession depuis un bon moment. Si j’ai pris la décision de retourner étudier, c’était pour répondre à un besoin dans ma communauté », explique Martha.

Le fait de cibler expressément ce besoin ‒ offrir des soins aux membres de la communauté noire et africaine qui cherchent à obtenir de l’aide en raison de troubles psychotiques ‒ a contribué à circonscrire sa recherche et à donner un élan à son travail.

Sans un objectif clair, Martha soutient qu’il peut être facile de perdre trop de temps à passer d’un domaine de recherche à un autre ou à changer de sujet.

« Parlez à des professionnels qui peuvent vous aider à définir le sujet et la question qui guide votre recherche, précise-t-elle, pour éviter l’épuisement si vous poursuivez des études supérieures. »

 

Martha Njoku

« J’ai senti qu’il était temps de considérer la santé mentale autrement que sous l’angle de l’eurocentrisme, de vraiment chercher à comprendre leur point de vue et ce qu’ils vivaient. »


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